UNCT

Le United Nations Country Team en Côte d’Ivoire (UNCT) est l’organe qui réunit toutes les agences représentées sur le territoire, à savoir : Banque Mondiale, FAO,FMI, HCR, OCHA, OIM, OIT-CI, OMS, ONUDI, ONUSIDA-CI, PAM, PNUD, UNFPA, UNICEF.  Les Agences tiennent des réunions régulières tous les 15 jours, en assurant une alternance avec le IAHCC, auquel les agences, mais aussi d’autres partenaires, participent.

 Le UNCT élabore, en début de chaque année, son Plan de Travail, basé sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement  , mais aussi sur des possibles activités d’urgence (activités humanitaires et d’urgence en Côte d’Ivoire), en assurant de cette façon une liaison entre le développement et l’humanitaire.

 Un Rapport sur les activités du UNCT est élaboré à la fin de chaque année et porte sur les résultats escomptés vis-à-vis le Plan de Travail, et sur les activités pour l’année successive.

IAHCC

La communauté humanitaire en Côte d’Ivoire a mis en place le « IAHCC » le « Comité Inter Agences  de Coordination Humanitaire »  qui est le  principal  centre  de concertation et de  prise de décision  pour les questions humanitaires  et pour la mise en œuvre d’une stratégie de réponse   humanitaire commune. A cet effet,  le « IAHCC » regroupe les acteurs humanitaires de premier plan :  agences humanitaires et spécialisées du Système des Nations Unies( PAM, OCHA, HCR, UNICEF, OMS, PNUD, UNFPA, FAO), les institutions indépendantes  que sont  la Croix Rouge et le  Croissant Rouge (CICR, FICR) ainsi que le ONGs sectorielles qui interviennent dans les situations  d’urgence et de post urgence ( ACF,MSF, IRC, CARE, AFRICARE, GTZ, OIM,etc). Le IAHCC se réunit tous les 15 jours sous la présidence du Coordonnateur Humanitaire  et peut décider de tenir des réunions ad hoc,  selon l’évolution de la situation.

Le second niveau de coordination stratégique et opérationnelle  est représenté  par les groupes sectoriels et thématiques qui ont à charge d’élaborer et de développer le plan sectoriel  défini dans le cadre du CAP (Plan d’Action Humanitaire Commun). Afin de répondre à la majorité des besoins des populations,  ces groupes recouvrent les secteurs et thèmes essentiels suivants : « santé et nutrition », «  sécurité alimentaire et assistance agricole », « protection », «  assistance multi sectorielle », « éducation », « eau et assainissement », « communication et plaidoyer », « gestion de l’information » et  «  transition, prévention des conflits et consolidation de la paix ». Ces différents   groupes  se réunissent  une à deux fois par mois, sur la base d’un plan de travail  à suivre  par l’ensemble des membres qui sont  principalement les points focaux humanitaires des  ministères, des agences des Nations Unies  et des ONGs  en activité sur le terrain.

 

 Résultats de l’année 2004 et Plan de Travail 2005.

 Du point de vu de la coordination humanitaire  IAHCC , en dépit d’une situation sécuritaire particulièrement précaire, les Agences des Nations Unies et les Organisations Humanitaires, disposant des ressources limitées ont, de façon coordonnée, continué d’apporter les premiers secours d’urgence aux  populations en détresse sur l’ensemble du territoire. De nombreuses missions conjointes des agences ont eu lieu à l’intérieur du pays pour l’évaluation de l’impact des crises et l’appui à l’élaboration de réponses adaptées.

 La coordination humanitaire a publié des communiqués de presse et facilité la tenue des conférences de presse pour plaider en faveur de la poursuite des activités humanitaires en invitant toutes les parties impliquées au conflit à respecter les principes humanitaires et les conventions signées. Dans ce contexte, par exemple, des communiqués de presse ont attiré l’attention sur les conséquences graves des évènements de mars et de novembre 2004. Un plaidoyer intense a été mis en œuvre sur le problème de l’éducation dans le souci de garantir l’avenir des enfants innocents qui risquent d’être privés des examens dans les zones sous contrôle des Forces Nouvelles ou demandant le rétablissement de l’eau et de l’électricité pendant le mois de novembre.

 Le HCR a commencé à mettre en œuvre son programme de rapatriement des réfugies Libériens de la Côte d’Ivoire vers leur pays. Il estime qu’en 2005 environ 35.000 réfugies sur les 75.000 recensés rentreront chez eux après tant d’années en exil.   

 Dans le domaine de la sécurité alimentaire, la FAO et le PAM, en partenariat avec un nombre d’ONGs nationales et internationales, ont coordonné un vaste programme de relance agricole. Ce programme ayant pour objectif de faire reculer l’insécurité alimentaire à moyen a ciblé plus de 30.000 ménages qui ont été assistés pour la production de riz, de maïs, d’arachide et de légumes. L'agence nationale d'appui au développement rural s’est chargée de l'assistance technique et des services spécialisés dans les zones contrôlées par le gouvernement, alors que dans le nord et l'ouest ce sont des ONG locales et des associations d'agriculteurs qui fournissent les services de sensibilisation et de vulgarisation au niveau communautaire.

 Pour répondre efficacement aux crises à répétitions, le SNU a dû s’adapter profondément et modifier certaines façons de voir et de faire les choses en Côte d’Ivoire.   Malgré la crise, des résultats appréciables ont été escomptés dans le domaine du développement, basé surtout sur la réalisation et la mise en place des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement ).   Le rapport national sur les OMD était prêt depuis fin décembre 2003. Son lancement officiel a eu lieu seulement en février 2005, suite à plusieurs reports de date dus aux événements précités et aux situations qui en ont découlé.   Un comité a été créé avec pour but principal la promotion des OMD. Celui-ci a été appelé INFOCOM. L’organisation de la journée des Nations Unies a été mise à profit pour réaliser encore cette promotion. D’autres outils de communication ont vu le jour cette année grâce à ce comité et aux efforts conjoints de toutes les agences du Système, il s’agit du magazine d’information « Reflets des Nations Unies » dont 2 numéros sont sortis en 2004 et du site web des Nations Unies en Côte d’Ivoire qui est un excellent outil de communication et aussi de plaidoyer pour les OMD.   Un Groupe de suivi des OMD a été mis en place sous l’impulsion du SNU regroupant toutes les agences des Nations Unies, la presque totalité des ministères et plusieurs représentants de la société civile et du secteur privé, et ayant pour but de réfléchir et d’échanger sur la mise en œuvre des OMD ainsi que le suivi et l’évaluation des activités qui y sont liées.   De nouveaux Groupes thématiques ont été constitués qui ont été inspirés des OMD, à savoir : (i) le GT Genre et Développement et (ii) la Coalition pour la réduction de la Mortalité Maternelle - ces deux groupes sont pilotés par UNFPA - ; (iii) la Coalition pour la réduction de la mortalité liée au paludisme et à la tuberculose et (iv) le GT pour la réduction de la mortalité infantile – ces deux derniers groupes sont pilotés par l’OMS. Ces Groupes Thématiques ont élaboré leurs plans de travail mais la situation sécuritaire d’une part et l’insuffisance des fonds alloués à la coordination d’autre part ont rendu difficile et retardé la mise en œuvre de ces plans.

 Le secteur de la santé, coordonné par l’OMS à travers les rencontres hebdomadaires régulières, a été soutenu par toutes les agences de SNU. Cet appui a permis  de disposer d’un plan de contingence pour faire face aux effets des crises survenues au cours de l’année 2004. La couverture vaccinale des enfants a été améliorée grâce aux  journées de vaccination contre la polio, organisées sur l’ensemble du territoire.

 Dans le domaine du VIH/SIDA, le Groupe Thématique ONUSIDA a fait montre de dynamisme. Plusieurs initiatives communes sont à mettre au crédit du SNU et de ce GT, à savoir : (i) des actions conjointes de communication / plaidoyer, (ii) le démarrage des travaux préparatoires pour la réalisation de l’Enquête sur les Indicateurs du SIDA en Côte d’Ivoire, qui comprend à la fois un volet épidémiologique et un volet sur les connaissances et les comportements, (iii) une lettre d’entente PNUD-UNFPA pour une meilleure coordination des activités médicales (au sens large) dans le cadre du Programme National de DDR, (iv) le démarrage effectif des activités financées par le Fonds Mondial a permis à un plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH d’avoir accès aux médicaments anti-rétroviraux. D’autres activités démarrées permettront aussi à terme de réduire le taux de transmission du VIH de la mère à l’enfant. L’information et la sensibilisation restent bien entendu des objectifs majeurs de ce programme.

 En ce qui concerne l’éducation, plusieurs agences du SNU sous le leadership de l’UNICEF, ont permis la continuité des programmes qui avait permis la reprise du système éducatif en 2003 dans les zones ouest et nord du pays sous contrôle des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN). Le programme ‘Cantines scolaires’ notamment (PNUD et PAM) a permis à de nombreux enfants se trouvant dans les zones du pays fragilisées par le conflit de poursuivre ou de retrouver le chemin de l’école. Malheureusement, en fin d’année, le Ministère de l’Education a cité des problèmes d’insécurité pour suspendre la tenue des examens dans ces parties du pays.

 Soutien au processus de paix – Transition

 Suite aux événements et crises à répétition et à l’aggravation de la situation depuis 2002, l’UNCT avait jugé opportun de faire une révision de l’UNDAF (United Nations Development Aid Framework), afin d’y incorporer les conséquences et répercussions de ces crises. Un groupe thématique piloté par l’UNICEF avait été chargé de commencer l’exercice. Mais en cours d’année, suite notamment aux événements de mars, UNCT a jugé que revoir le UNDAF serait un travail trop important et précaire eu égard à la situation volatile.

 Les chefs d’agence se sont alors tournés vers l’option de rédiger un programme de transition pour la Côte d’Ivoire. Cette décision a été entérinée et structurée lors de la retraite des chefs d’agences qui a eu lieu en début septembre. Il y a été décidé qu’une stratégie de transition soit élaborée.

 Le processus de désarmement qui devait débuter selon les accords de Linas-Marcoussis en mars 2004 n’a, à l’heure actuelle toujours pas démarré dans sa phase effective. Bien que la mobilisation des ressources et des efforts en vue du processus DDR par le SNU sont à notre sens considérables, les blocages politiques restent importants pour commencer les activités du cantonnement proprement dit. La phase préparatoire est bien entamée cependant et le SNU a fait le maximum d’efforts selon ce que permet la situation. Ainsi la Commission Nationale pour le DDR (CNDDR) est bien en place avec l’appui de plusieurs agences dont le PNUD et la Banque Mondiale. L’UNICEF, suite aux actions de plaidoyer de l’année précédente a pu apporter un appui à des ONG locales et internationales afin de préparer dans les zones de conflit le processus de retrait et de réinsertion sociale des enfants soldats ainsi qu’un soutien aux enfants affectés par la crise.

 Dans le cadre de cette préparation au DDR, une étude des opportunités socio-économiques pour la réinsertion socio-économique des ex-combattants a été effectuée. Ce travail a été réalisé sous l’impulsion d’un Groupe Thématique piloté par l’ONUDI. Il convient de noter que ce groupe a essayé d’élargir le spectre de cette étude au maximum et que les résultats peuvent être utilisés aussi bien pour la jeunesse désœuvrée en général que pour les ex-combattants en particulier. La participation du SNU et des partenaires à ce GT a été remarquable.

 En matière d’éducation à la paix et de cohésion sociale, domaines sensibles dans le contexte actuel, plusieurs initiatives ont vu le jour sous l’impulsion des agences du Système. La plus remarquable étant probablement « les corridors de la paix ». Cette opération a regroupé pendant trois jours quelques 160 enfants venant de toutes les parties du pays pour les animer et les distraire tout en les sensibilisant à la paix. La grande médiatisation de cette initiative a participé à augmenter son impact. L’initiative du projet émanait de l’ONUCI. Du côté du SNU et des autres partenaires, en plus de représentants du Gouvernement, le PNUD, l’UNICEF, l’UNESCO, OCHA, et l’ONG WANEP (West Africa Network for Peacebuilding) ont participé activement à sa concrétisation.

 Plan de Travail 2005

Dans le contexte de la Côte d’Ivoire, qui reste malheureusement complexe et difficile, la priorité du SNU reste d’essayer de consolider le processus de paix et d’appuyer le Gouvernement dans ses efforts de redressement économique. Pour appuyer ces efforts, le SNU envisage pour l’année 2005 d’orienter ses activités autour des axes suivants :

 

  1. Continuer à axer les activités opérationnelles autour des efforts du Gouvernement et des partenaires pour atteindre les OMD. Il s’agira ici de continuer le bon travail de 2004 en matière de plaidoyer et de suivi mais aussi et surtout d’élaborer les stratégies communes pour l’atteinte de ces OMD.
  2. Le SNU s’attachera à renforcer les groupes thématiques et sectoriels qui ont bien fonctionné en 2004 et, ici encore, à articuler leurs réponses sur les OMD. D’autres GT, dont les activités avaient été mises en veilleuse suite à l’importance relative qu’ont pris les réponses humanitaires par rapport aux activités traditionnelles de développement, devront être réorganisés et leurs activités renforcées.
  3. Dans le cadre des activités opérationnelles en général et de ces GT en particulier, une plus grande synergie sera recherchée avec les départements de l’ONUCI qui sont pertinents, notamment aux domaines suivants : VIH/SIDA, Protection de l’enfant, DDR, Gouvernance, droits de l’homme, etc..
  4. L’actualisation du CCA (Common Country Assessment) permettra un recadrage des activités du SNU en fonction des nouvelles donnes politiques, sociales et économiques. L’exercice en lui-même sera une bonne façon d’approfondir l’harmonisation au sein des agences et le plaidoyer envers le Gouvernement.

  Les Comités

 Le comité des Opérations du SNU

 Le Comité des Opérations du SNU en Côte d’Ivoire a été mis en place en septembre 2004, avec comme principaux objectifs les enquêtes sur les salaires, l’harmonisation des DSA, des études sur les conditions de vie, un ‘Place to Place Survey’, et l’examen de diverses problématiques concernant les services communs (immigration, visas, voyages, évacuations…)

Il se réunit régulièrement tous les derniers mercredi du mois et est composé des représentants administratifs de toutes les agences du SNU en Côte d’Ivoire plus celui de la Banque Mondiale, du FMI et de l’OIM.

 Le comité INFOCOM

 Mis en place dans les premiers mois de l’année 2004, il est composé par les chargés de communication de toutes les agences avec l’assistance de la coordination du SNU. Ce comité a, malgré la situation instable, pu dégager certains résultats importants :

-          Création du bulletin d’information « REFLETS des Nations Unies » dont deux numéros sont sortis au cours de l’année 2004 ;

-          Organisation de la journée des Nations Unies ;

-          Elaboration et mise en ligne du site web du SNU en Côte d’Ivoire.

 Toutes ces activités sont basées sur le principe de la promotion des OMD afin de rendre leur démarche cohérente.